Relations maroco-espagnoles: un volcan en sommeil...


Qu'il s'agisse de la droite ou de la gauche, les gouvernements espagnols successifs refusent d'ouvrir le dossier des colonies. Leurs arguments relèvent de la pensée coloniale franquiste.
Deux arguments sont cités systématiquement par l'Espagne pour justifier le maintien de ces colonies:  la durée du colonialisme et  la démographie
Notons que ces mêmes arguments sont rejetés par l'Espagne dans ses négociations avec l'Angleterre à propos de Gibraltar.
La présence coloniale espagnole au Nord du Maroc doit sa longévité à la situation politique interne du Maroc. Cette présence est effectivement trop longue mais elle relève du colonialisme.

En ce qui concerne la démographie  de Sebta et Mlilya, on sait qu'elle est biaisée. Les habitants de Sebta et de Mlilya ont fuit la répression qui a accompagné l'occupation. Actuellement, si on exclut les éléments de l'armée d'occupation, la population civile marocaine est largement majoritaire dans les deux villes.

Du coté marocain, il n'y a pas non plus de volonté politique pour ouvrir le dossier de ces colonies au sein des instances internationales.
En fonction de la conjoncture maroco-espagnole,  les autorités marocaines brandissent de temps à autre le dossier de Sebta et de Mlilya comme carte de pression sans conviction. Le discours officiel du Maroc demeure timide, inconsistant et tourné vers la consommation intérieure plutôt que vers la communauté internationale.


















Le dossier du Sahara est au centre des priorités du Maroc et ce depuis 40 ans, ce qui a encouragé l'Espagne à consolider sa position au Nord. Pire encore, l'Espagne est devenue, après l'Algérie, le principal pourvoyeur d'aide au mouvement séparatiste, le Polisario.
Le Maroc n'a pas intégré le dossier des colonies du Nord lors des négociations de Madrid qui ont abouti au départ des espagnols de la région du sud, le Sahara. C'est une erreur stratégique très grave dont on n'a pas fini d'en mesurer les conséquences. C'est la même puissance coloniale qui occupe des territoires marocains au Nord et au  Sud. Pourquoi négocier le départ du Sahara et envoyer aux calendriers grecs la décolonisation du Nord?  Si l'Espagne a accepté de céder au Maroc les riches provinces du sud, pourquoi ne se débarrasserait-elle pas, par la même occasion, des pauvres et coûteuses colonies au Nord?
Si le Maroc avait adopté une approche de décolonisation globale, il aurait bénéficié d'un soutien beaucoup plus large  et sans ambiguïté de la communauté internationale.  Car on voit mal comment un pays qui soutiendrait la récupération de Sebta, Mlilya et les îles ne soutiendrait pas la récupération du Sahara. Mais le Maroc a suivit une approche de séparation de dossiers qui l'a conduit au séparatisme au Sud et à la perpétuation du colonialisme au Nord.

Au niveau des partis politiques, il n'y a pas non plus de revendications à ce sujet. Il est vrai que la majorité des partis marocains sont concentrés dans le triangle Casablanca-Rabat-Kinétra à 600 km de Sebta et de Mlilya et nombreux parmi leurs responsables sont incapables de situer ces colonies.




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