Ville de Sebta/Ceuta








  • Superficie: entre 18 et 20 km2
  • Population:  73.280 hab. dont 35% d'origine marocaine. Sebta compte également une communauté israélite et une petite minorité hindouiste.
  • Densité:  3.898 habitants par km2, (moyenne espagnole 78,8 h/ km2).
  • Taux de chômage: 27,38%.
  • Activité économique: secteur tertiaire absorbe 85% de l'activité totale.
  • Education insuffisante: 5 écoles d'enseignement secondaire et  2 écoles supérieures.
  • Logement: déficit de 3.000 logements.
  • Santé déficiente:  2 centres hospitaliers surchargés .
  • Environnement: Sol dégradé, sous-sol et côtes polluées.















Ceuta et Melilla ne figuraient dans aucune Constition espagnole jusqu'au 1978!

Les différentes Constitutions espagnoles de 1837, 1845, 1869, 1876 ne citent pas les deux villes au sein du territoire espagnol.
L'avant-projet de Constitution de 1978 ne faisait aucune allusion à la situation particulière de Sebta et Mlilya. Mais la mobilisation des représentants franquistes des deux villes a réussi à imposer que les noms de Ceuta et Melilla apparaissent clairement dans le texte de la Constitution de 1978.
Conquêtes et reprises...

Tous les Sultans du Maroc ont entrepris des tentatives pour les libérer:
  • Siège de Sebta par Le sultan Moulay Ismaël de 1697 à 1720
  • Siège de Melilla par le sultan sidi Mohammed Ben Abdellah
  • Siège de Sebta en 1780 par Moulay Yazid
  • Les îles ont été reprises par les tribus du Rif à plusieurs reprises.
  • Le Maroc n'a pas cessé de revendiquer la restitution de ces territoires depuis son indépendance en 1956.
on envisage de céder Ceuta, Melilla  au Maroc contre des vivres....

  • - En 1791, l'Espagne restitue à la régence d'Alger Oran et Mers-el-Kebir et l'on envisage de faire de même pour les possessions qui sont situées sur les territoires du royaume du Maroc.

  • - En 1808, suite aux graves problèmes de ravitaillement auxquels est confrontée l'Espagne dans sa lutte contre les français, on envisage de céder les Presidios (Sebta, Mlilya et les iles)  au Maroc contre des vivres.

  • - En 1811, le Cortes de Cadix déclarent que les presidios menores ne font pas partie du territoire espagnol et un vote favorable à leur cession obtient la majorité des voix.

  • - En 1821, lors de la période du Trienio Liberal, les idées libérales opposées à tout colonialisme étant alors majoritaires, les Cortes autorisent la cession des trois Presidios menores, c'est-à-dire de Mlilya, du peñon de Vélez de la Gomera et du peñon d'Alhucemas mais pas de la Plaza de Sebta.

  • - En 1831, 1846, 1863 et 1872, suite aux frais considérables de la présence espagnole dans les présides, plusieurs commissions d'enquête des Cortes avaient étudié leur éventuelle cession au Maroc mais aucune n'aboutit.

  • - En 1860, suite à sa victoire à la bataille de Tétouan 1860 (la Guerra de Africa) on va assister à un changement radical de la stratégie espagnole. L'Espagne décide de se lancer dans une nouvelle aventure coloniale en utilisant Sebta et Mlilya comme têtes de pont d'une pénétration plus en profondeur du Maroc. Elle occupe des zones au sud et en 1912 elle occupe le Nord du Maroc.

  • - Après 1936 avec l'instauration du franquisme, on assiste à une nouvelle stratégie qui consiste à intégrer les deux villes et les îles sous la souveraineté espagnole (españolidad). On ne parle plus de presidios mais de territorios de soberanía. Franco a essayé de séparer le territoire récemment colonisé (le Rif) des zones colonisées avant 1912. La propagande franquiste a renforcé dans l'opinion publique l'idée selon laquelle Sebta et Mlilya ont toujours fait partie intégrante du territoire espagnol.

  • - Après son indépendance en 1956, la récupération de Sebta et Mlilya ne faisaient pas partie des priorités du nouveau régime marocain préoccupé surtout par sa propre survie menacée par l'opposition interne. La population du Rif était considérée comme étant hostile à la monarchie et Hassan 2 ne s'est pas rendu dans cette région pendant tout son règne.

  • -  En 1975, le Maroc récupère la région du Sud, le Sahara. Le voisin algérien qui cherche une voie d'accès sur l'Atlantique et l'opposition entre une Algérie révolutionnaire de l'époque et une monarchie marocaine féodale ont encopuragé les responsables algériens à appuiyer et à exploiter un mouvement indépendantiste, le Polisario, basé à Tindouf en Algérie. La gestion catastrophique de ce dossier par le Palais a fait que 30 ans plus tard, le dossier du Sahara n'est pas encore réglé et le dossier des colonies n'est toujours pas une priorité pour l'Etat marocain.

  • - En 2002 l'Espagne ajoute à sa collection une nouvelle colonie, qui n'a jamais figuré sur aucune carte espagnole, l'île de Leila avec une demonstration militaire impressionante. Le Maroc cède de nouveau, c'est toujours pas le moment d'entrer en conflit avec l'Espagne, priorité au sahara.

En parcourant l'histoire de ces colonies, on constate que pour des considérations internes, le Maroc n'a pas réussi à imposer le respect de son territoire à ses voisins:  A l'est, l'Algérie s'est emparée des provinces marocaines de Bechar et de Tindouf et une part importante du désert marocain. Au sud, le territoire marocain a été amputé d'une part importante de sa superficie et un nouvel Etat a vu le jour: la Mauritanie. L'autre partie du territoire du sud marocain, le Sahara, est en négociation au sein de l'ONU avec le risque de déboucher sur la création d'un second nouvel Etat. Au nord, l'Espagne qui a perdu toutes ses colonies dans le monde, occupe encore une partie de cette région. La décolonisation inachevée du Maroc est victime des rendez-vous manqués...les rendez-vous de l'histoire.

Sebta : mémoire du Maroc et du Monde arabe

La majorité d'auteurs espagnols avancent que les premiers habitants de Sebta sont les chrétiens. Or, bien avant sa colonisation par les portugais et les espagnols, Sebta était une cité musulmane prospère au même titre que Cordoba, Fez, Marrakech, Alep.... comme l'attestent les grands hommes de sciences et des lettres qui sont nés et ont vécu dans cette cité.

  • El Idrissi
Le chérif el Idrissi, Mohamed ben Mohamed est un géographe et médecin naturaliste. Il naquit à Ceuta, plus tard que l'an 1100 donné par Casiri. Son ouvrage "Nouzhat el Mochtâq"a été traduit en français par Jaubert et par Gœje et Dozy; un planisphère, coulé en argent sur ordre de Roger 11, roi de Sicile qui protégeait notre géographe, pesait 450 livres romaines et servait de complément à la géographie d'ldrissi.

Idrissi composa, pour Guillaume, fils de Roger, un second ouvrage de géographie, plus étendu que le premier. Il élabora même un traité des simples, cité par Ibn Abi Ossaibiah. La supériorité de précision d'ldrissi, pour ne citer qu'un exemple, les tables dressées par le géographe grec, présentait, pour la seule distance séparant Tanger d'Alexandrie, une erreur de 18° de longitude, alors que les tables arabes élaborées pour un trajet plus grand (entre Tanger et La Syrie) I'erreur est inférieure à 1°. C'est pourquoi Idrissi fut "le professeur de géographie de l'Europe", dit E.F. Gautier qui affirme encore que l'Europe n'aura de carte du Monde que celle d'ldrissi. Renaud le considère comme un véritable monument élevé à la géographie.

  • Md ben Qâssim Al-Ansâry Al Jiâny : Poète et médecin, habita Ceuta et Fez.

  • Ali ben Yaqdhân : né à Ceuta, médecin, homme des lettres et poète qui partit pour l'Egypte en 1149/544 h puis en Irâq .

  • Youssef ben Isaâq dit Ibn Sam'oûn, Abou el Hajjâj: Médecin, né à Ceuta et Il a pratiqué à Fez puis s'est installé à Alep au service de Mhnoun prince d'Alep et d'AI-Malik ed-Dhâkil

  • Ahmed el Joudhâmi: Médecin, né à Ceuta; il s'est installé à Marrakech où il est décédé en 1252/650 h.

  • Abou Temmam Ghâleb ben Ali El Ascoury: Chef des médecins, il a été chargé par le roi de Fez du prélèvement des impôts.Il est décédé à Ceuta en 1350/751 h, laissant plusieurs ouvrages de médecine très estimés.

  • Abou Qâssim Md ben lahya el Azafi : Il a vécu à Ceuta, dont il fut gouverneur; homme de littérature el médecin dont l'exercice florissait en 1363/765 h.



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