Allo la base, les envahisseurs ont pris Leila…

José Maria Aznar et son homologue marocain, Abderrahman Youssoufi :
  • Aznar " Ce que vous avez fait nous paraît un coup de force intolérable. J'exige une explication et le retrait "
  • Youssoufi : je ne sais pas de quoi vous parlez. "Le gouvernement n'a rien ordonné. Le fait, je le connais au même titre que toi, mais je n'ai pas plus d'explications à te donner" " J'insiste que ni moi ni mon gouvernement n'avons autorisé quoi que ce soit "
  • Aznar " S'il ne s'agissait pas d'un sujet sérieux, je croirais que tu te fous de ma gueule "
  • Aznar : "L'affaire est grave, et elle l'est d'autant plus que vous êtes incapables de réagir. J'exige, d'ici demain, une explication et une rectification. Si vous le faites, nous oublierons l'incident. Mais croyez-moi, c'est une situation que le gouvernement espagnol ne saurait accepter".
  • Youssoufi  promet de donner une réponse le lendemain.
  • Aznar : " Je suis toujours en train d'attendre cette réponse "















  • Jorge Dezcallar:  directeur du Centre national d'intelligence (CNI)et son homologue marocain le général Ahmed Harchi, chef des (DGED), service d'espionnage du Maroc. "Ahmed, si ce que tu me dis est la vérité, nous avons une crise sérieuse sur les bras",

  • Ana Palacio ministre des Relations extérieures et son homologue marocain Mohamed Benaïssa :
  • Benaïssa : " les Marocains sont en train de poursuivre des terroristes islamistes dans le Détroit de Gibraltar "
  • Palacio : " Ne me répète pas ce que tu viens de dire "   " Dis-moi des choses sérieuses "
               "Si quelque chose de grave se passe à Perejil, dites-le nous, nous nous en chargerons".
  • Palacio adresse au Maroc un ultimatum, qui expire le mercredi 17 juillet à quatre heures du matin. Elle avertit que si les Marocains ne se retirent pas de l'îlot dans ce délai, ils devront en subir les conséquences.
  • Benaïssa lui répond qu'il y aura "un retrait marocain tout au long de la journée du mercredi 17".
  • Palacio : "Je dois être certaine que le roi l'accepte",
  • Benaïssa :  "Croyez-vous que je puisse réveiller le roi à cette heure-ci ?",
  • Palacio : "Evidemment que oui !" "Je veux l'évacuation tout de suite"



















  • Chirac à Aznar : je te conseille de sortir du rocher et même de restituer Sebta et Melillia aux Marocains.

  • Aznar: "Mohammed VI m'organise une marche verte sur Ceuta et Melilla et Chirac applaudit des deux oreilles !"

  • Allo la base, les envahisseurs ont pris Leila… Alors que les espagnols s'inquiétaient de l'éventuelle riposte d'un patrouilleur marocain situé à 640 mètres au nord de Leila, l'interception des communications radio de ce dernier révèle que les Espagnols avaient tort de se faire du mauvais sang. Ce patrouilleur a bien signalé à sa base de Tanger l'irruption des hélicoptères espagnols mais n'a reçu aucune instruction en retour.

  • Mission accomplie: Trillo à Aznar : "Mission accomplie, président. Le drapeau espagnol flotte sur Perejil". Trillo :  "Viva España"

  • Colin Powell  à Palacio: "Est-ce que tu te rends compte que le secrétaire d'Etat des Etats-Unis ne s'occupe, depuis 24 heures, que d'un petit rocher stupide que nous avons eu de la peine à localiser sur les cartes ?"
  • Josep Piqué, ancien ministre espagnol des Relations extérieures: Fin des relations chaleureuses entre M6 et l'actuel roi d'Espagne à l'ascension au trône du prince Felipe. " L'héritier du trône a une mentalité germanique et il a des difficultés pour syntoniser avec des mentalités orientales, comme celle de nos voisins "
















  • Il faut comprendre le roi
    Josep Piqué, ministre espagnol des Relations extérieures, a un entretien difficile avec le roi Mohammed VI à Marrakech. Mohamed Benaïssa qui le récupère à la sortie le console avec cette phrase : " Il faut que tu comprennes qu'il doit sortir tout ce qu'il a à l'intérieur "

  • Taieb Fassi Fihri à Josep Piqué : " La bonne marche de notre relation dépend à 90% de ce que dira l'Espagne sur le Sahara "

Extraits du livre Vecinos alejados  (Voisins lointains ) de Ignacio Cembrero, journaliste à El Pais

  • l'Espagne " ne pourra avoir une politique marocaine crédible tant qu'elle n'a pas liquidé ses résidus coloniaux au Maroc ", parce que le fait de vouloir être aujourd'hui " une puissance coloniale en exercice coûte cher ".  " Sebta et Melilla, au même titre que cette île [Tourah] et les îles Jaâfarines, sont autant d'insultes à la dignité nationale du Maroc. Le moment est venu de se confesser, surtout si nous voulons parler avec conviction de Gibraltar, un phénomène géographique équivalent à Sebta et Melilla ".  Il est temps, que les Espagnols, au 21ème siècle, ignorent le testament laissé par Elisabeth la Catholique qui avait ordonné de persécuter jusqu'à la mort, le Moro. Les Espagnols d'aujourd'hui sont appelés à " donner aux Marocains ce qui leur revient de droit ", . " Le journaliste Jésus Pardo, ex-correspondant de Cambio 16 au Maroc

  • " tout citoyen de Bruxelles, de Londres ou de toute autre capitale européenne, qui a lu au moins une ligne dans la presse sur la " crise du Persil ", pensera que l'Espagne du 21ème siècle, garde certains territoires se trouvant sur la côte marocaine.  L'éditorialiste se demande pourquoi M. Aznar a recouru à la seule option d'envoi des forces spéciales pour résoudre la crise de l'île de Tourah. Dans un reportage intitulé : " les autres Persils ", Interviu a illustré son édition de monographies des îles et des villes occupées par l'Espagne dans le nord du Maroc (Tourah, Rocher d'Al Hoceima, Rocher de Velez La Gomera, les îles Jaâfarines). Le monde a assisté en ce mois de juillet à l'éclatement de la crise baptisée " Persil ", mais l'Espagne compte " d'autres Persils qu'elle qualifie de zones de souveraineté ", estime de son côté l'écrivain journaliste Catalan Joan Barril, dans un commentaire intitulé : Aznar et les devoirs d'été. Pour lui, le Maroc n'est pas " un État dont la politique est régie par la passion pour par les querelles historiques ". L'hebdomadaire Interviu

  • " les enclaves espagnoles au Maroc sont les dernières qu'un pays européen conserve dans le littoral ou à l'intérieur de l'Afrique ". La Nacion relève que le Maroc a toujours établi un rapport entre les contentieux anglo-espagnol (sur Gibraltar) et hispano-marocain (sur les enclaves) et que le Souverain marocain avait appelé le gouvernement espagnol à " adopter à l'égard du Maroc la position qu'il exige de la Grande-Bretagne ".
    " les enclaves espagnoles sont des vestiges du Moyen Âge, des guerres de la reconquista et d'une époque où les deux rives du Détroit étaient liées et où ce qui se passait d'un côté se répercutait immédiatement sur l'autre ". De ce fait, poursuit La Nacion, " la présence espagnole au Maroc s'inscrit dans le concept médiéval de ''guerre sainte'' et non dans celui du colonialisme occidental moderne ". le journal argentin La Nacion.

  • " pourquoi l'Espagne nie à Sebta, Melillia, Perejil et au reste de ses enclaves nord-africaines ce qu'elle réclame pour Gibraltar ", entraînant par sa " grotesque opération militaire de reconquista, toute l'Union européenne dans une confrontation avec le monde arabe, raison pour laquelle la Grande-Bretagne et la France ont déjà commencé à se démarquer prudemment de Madrid ". le journal Pagina 12

  • " l'intervention espagnole dans l'îlot de Tourah / Perejil " semble avoir été un écho tardif du colonialisme " et relève de ces " démonstrations d'un héroïsme synthétique du gouvernement espagnol " et d'un " semblant d'héroïque artificiellement post-moderne. " le quotidien Clarin

  • " Sincèrement, je crois que la propriété légitime de l'îlot revient à la paysanne marocaine (Rahma) et à son troupeau de chèvres ". journaliste-écrivain Juan Manuel de Prada



Extraits du livre : Quand le Maroc sera islamiste,
       de Nicolas Beau (Canard enchaîné), Cahterine Graciet (Le Journal Hebdo)décembre 2006
À en croire une note blanche du ministère français de la Défense, non datée mais probablement rédigée vers la fin 2002, les relations entre Aznar et Mohammed VI ont pris une tournure détestable dès l'accession de ce dernier au trône, en 1999. Aznar a en effet été le premier homme d'État à rendre visite au jeune souverain et " aurait ouvert l'audience en faisant une offrande au Maroc […] sous forme d'un chèque de 50 millions de dollars pour aider le royaume à surmonter cette période difficile ". Chèque qu'aurait refusé Mohammed VI, préférant que " l'Espagne assiste le Maroc en respectant ses positions ". Lors d'une seconde rencontre, le général El-Harchi, à l'époque patron des renseignements extérieurs, aurait vu Mohammed VI sortir " d'une réunion avec Aznar au Palais royal de Rabat en colère et dans tous ses états ", promettant " devant quelques conseillers de venger la dignité et l'amour-propre du royaume ".

Entre ces deux-là, le divorce a été vite consommé. Selon la note blanche du ministère français de la Défense, José Maria Aznar juge que le Maroc doit " payer cher sa décision de ne pas reconduire l'accord de pêche, de tenter d'occuper l'île de Persil et de faire pression sur l'Espagne en lui envoyant des milliers d'immigrés clandestins ". Il accuse aussi le royaume "  de jouer la carte de la drogue pour déstabiliser son pouvoir ". Côté reproches, le Maroc n'est pas en reste. Dans les allées du pouvoir à Rabat, on recense ce qu'on interprète comme des tentatives de déstabilisation du trône alaouite : étalage des passades amoureuses de la famille royale dans les magazines " people " espagnols, soutien aux gros bonnets de la drogue du Rif traditionnellement anti-monarchie pour décrédibiliser le royaume auprès de l'Union européenne…

On pointe même du doigt les services espagnols, soupçonnés de pousser les Berbères à faire pression " sur le jeune roi en menaçant de se révolter au cas où il ne répondrait pas à leurs revendications ethniques ". Toujours selon cette note décidément instructive, Mohammed VI aurait alors mis en place avec la France une stratégie destinée à punir l'arrogante Espagne. Le jeune roi aurait donné des " consignes fermes " pour écarter les entreprises espagnoles des gros marchés et des appels d'offres au profit des sociétés françaises et américaines. C'est ainsi que le groupe Union Fenossa aurait été écarté " au dernier moment " de l'appel d'offres pour la gestion déléguée de l'eau, de l'électricité et de l'assainissement de Tanger-Tétouan, confiée au groupe français Vivendi. Dans la foulée, Rabat a annulé des commandes d'achats de chars et d'équipements militaires espagnols, en prétextant des "  difficultés financières ".

Pour les remplacer, Mohammed VI a dépêché alors à Washington son chef de l'armée de l'Air. Formé aux États-Unis, ce dernier entretenait de bonnes relations avec ses homologues du Pentagone. Ses " confrères " lui signaleront toutefois que l'Espagne étant une alliée à l'OTAN, ils ne pouvaient permettre d'approvisionner le Maroc en armements susceptibles d'être utilisés contre celle-ci. Mais les Russes n'ont pas ce genre de contraintes…
" C'est dans ce cadre qu'il faut expliquer la visite de Mohammed VI en Russie , […] pour acheter l'équipement annulé avec l'Espagne et pour neutraliser la Russie dans l'affaire du Sahara ", concluait la note du ministère français de la Défense.
Décolonisation à dose homéopathique...

Fin du "protectorat" au Nord en 1956
zone sud:
  • Tarfaya en 1958
  • Ifni en 1969
  • Sahara en 1975


Zone Nord, le Rif oublié:
  • Sebta ?
  • Mlilya ?
  • Jaafariya ?
  • Badis ?
  • Nkor ?
  • Leila ?
  • Al boran?


©2006  www.sebtamlilya.org