La contrebande = 15 milliards de Dh de chiffres d'affaires par an et 450 000 emplois perdus...

La contrebande est un phénomène qui s'est développé au Maroc pour contourner les droits
de douanes et permettre l'accès aux produits non légalement importés. Elle se concentre surtout au Nord du pays via Ceuta et Melilla.
Bien que la contrebande soit un problème universel, elle est aggravée au Maroc par les disparités économiques entre le nord et le sud, le chômage, et les distances relativement courtes entre les points d'entrée et le reste du pays.

La contrebande frappe des secteurs aussi divers que les cosmétiques, les pneumatiques, les
détergents, et les produits agroalimentaires. Elle contribue largement à l'animation de tous les
secteurs informels de l'économie et freine l'évolution normale des entreprises.

La contrebande fait travailler 45 000 personnes et génère un chiffre d'affaires annuel de plus de 15 milliards de dirhams qui échappe entièrement à la taxation.
Chaque emploi dans la contrebande cause la perte ou la non-création de 10 emplois légaux.

CHAMBRE DE COMMERCE AMERICAINE AU MAROC, avril 2002


70 millions d'euros uniquement pour la contrebande de cigarettes ...

Plus d'un milliard de cigarettes de contrebande écoulées en 2001 au Maroc selon une étude réalisée par la Régie des tabacs. Le coût de cette contrebande massive est évalué à 70 millions d'euros pour la Régie des tabacs, dont 57 millions d'euros pour le Trésor public marocain.
Selon cette enquête, dont les résultats sont rapportés par l'agence de presse marocaine MAP, près de 8% des 10 millions de fumeurs marocains adultes s'approvisionnent sur le marché parallèle. Le coût de cette contrebande massive est évalué à 70 millions d'euros pour la Régie des tabacs, dont 57 millions d'euros pour le Trésor public marocain. La Régie des tabacs a procédé mercredi à Casablanca  à l'incinération publique de quelque 113.000 paquets de contrebande. L'an dernier, les services douaniers, assistés de la police et de la gendarmerie, ont saisi 700.000 paquets importés illégalement par bateaux ou par des caravanes de contrebandiers qui traversent le Sahara à dos de chameaux avant de pénétrer sur le territoire marocain avec de puissants 4X4. Dans certaines villes portuaires comme Tanger, Casablanca, ou Laâyoune (1.250km au sud de Rabat, en face des îles espagnoles des Canaries), les vendeurs à la sauvette proposent des cigarettes de contrebande sur la voie publique à des tarifs 30% moins élevés que ceux des 20.000 points de vente officiels. Alors qu'un paquet de cigarettes américaines est vendu 28 dirhams (2,8 euros), la Régie des Tabacs, a réalisé en 2001 un chiffre d'affaires de 888 millions d'euros.
Source : MAP


le flan, les jus, la mortadelle et des pommades de rhumatisme

Les réseaux de contrebande sont bien structurés à travers tout le Maroc. Ils ont réussi à tisser une toile complexe en ciblant les plus grandes agglomérations. Casablanca avec ses 4 millions d'habitants est une cible du premier choix et la contrebande y a pris des proportions alarmantes. Des quartiers entiers  comme Derb Soltan et Derb Chamel s'approvisionnent directement à Sebta via Fnidaq. Les consommateurs ont l'embarras du choix dans les rues ou dans les souks  ou ils peuvent acquérir des yaourts espagnols de marque PMI, le flan, les jus, la mortadelle ou des pommades de rhumatisme fabriquées à Barcelone… et pour l'électronique et l'éléctroménager il y a l'eternel et l'incontournable Derb Ghallaf…



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