Etude sur les spécificités du colonialisme espagnol
Par Mimoun AZIZA
Faculté des Lettres et Sciences Humaines. Université Moulay Ismail de Meknès

L'objectif principal de cet article est d'éclaircir quelques aspects de la colonisation espagnole au Maroc entre 1912 et 1956, non encore étudiés. Nous souhaitons plus particulièrement mener une réflexion sur le thème des spécificités que présentait cette expérience coloniale. Nous tenterons de remonter aux origines historiques, démontrer son caractère périphérique et marginal, ses faiblesses et aussi ses points forts. Cette présence espagnole dans le nord du Maroc, pendant presque un demi-siècle, est passée quasi inaperçue. Il reste que quelques grands événements ont attiré l'opinion publique nationale et internationale, c'était le cas de la grande résistance menée par Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi entre 1920 et 1926 contre l'occupation espagnole du Rif, et la bataille d'Anoual au cours de laquelle périrent plus de 12000 soldats espagnols.

L'Espagne était perçue par les grandes nations coloniales comme une puissance de seconde zone. Son rôle consistait, pour les uns à combler un vide et pour les autres à en laisser peut-être un, en raison de sa faiblesse et de l'incertitude de sa ligne de conduite politique hésitante au Maroc. Le manque de moyens financiers pour appliquer une politique similaire à celles des autres grandes puissances explique, dans une certaine mesure, la place secondaire occupée par l'Espagne dans la question marocaine. En absence de grands intérêts économiques et politiques, les idéologues de ce colonialisme ont élaboré leur propre conception dans ce domaine.

Selon eux c'est un colonialisme qui visait à conquérir les c¦urs et les esprits, "légitime" car il se baserait sur les liens historiques et géographiques unissant les deux pays. Mais dans la réalité, la gestion de la zone d'occupation au quotidien était une affaire assez compliquée pour tous les régimes qui se sont succédé en Espagne. Il y a d'abord le maintien de la paix qui a coûté cher en pertes humaines et au Trésor public. Puis il fallait mettre les moyens financiers pour l'équipement d'une région qui n'était pas très rentable au niveau économique. Ainsi chaque année l'Etat espagnol devait injecter des sommes assez considérables afin de combler le déficit budgétaire dont souffrait la zone. Ce qui fait de ce colonialisme une affaire et une aventure d'une poignée de militaires "africanistes".

Les sources historiographiques
Trente ans après la mort du "Caudillo", le thème de l'ancienne colonie espagnole, prend un intérêt particulier chez les universitaires espagnols, notamment les historiens. L'histoire est la discipline qui a le plus enrichi la production bibliographique récente sur la présence espagnole au Maroc.

Nous commencerons par donner une idée sur la bibliographie existante. Vu son caractère marginal, la colonisation espagnole au Maroc n'a pas fait l'objet de suffisamment de recherches, ni de la part des chercheurs marocains ni des chercheurs étrangers. Les historiens marocains favorisent les études portant sur le protectorat français, pour des raisons évidentes. Pour de nombreux chercheurs et pendant longtemps, la présence coloniale au Maroc se réduisait au protectorat français. Même jusqu'aux années quatre-vingt du siècle dernier, les quelques études consacrées au protectorat escamotaient complètement la zone espagnole.

La maîtrise de la langue espagnole étant indispensable pour la consultation des fonds documentaires concernant cette région, un grand nombre d'historiens marocains ne maîtrisent pas cette langue. Depuis une dizaine d'année cette situation a changé, nous assistons en ce moment à la prolifération des études sur ce qu'on appelait le Maroc espagnol. Cela se manifeste par l'augmentation du nombre de thèses doctorales présentées par ces chercheurs. Et également par la création de groupes de recherches spécialisés dans ces thèmes. L'occupation militaire du Rif, la résistance armée menée par Abdelkrim El Khatabi se taillent la part du lion dans ces recherches. Cependant il faut dire qu'il n'existe pas vraiment de travail de synthèse présentant un bilan général de la colonisation espagnole. Les archives espagnoles concernées sont restées pendant longtemps inaccessibles. L'ouvrage de Germain Ayache sur les origines de la guerre du Rif a été le premier travail à ouvrir de nouvelles pistes de recherches sur les relations hispano-marocaines et sur la présence espagnole dans le Rif (2).

Du côté espagnol, il faut citer les travaux remarquables de Maria Rosa de Madariaga (3).
Parmi les études récemment publiées il y a lieu de mentionner l'ouvrage de Ramon Salas (4) et l'ouvrage collectif publié sous la direction de Joan Nogué et José Luis Villanova (5) que nous considérons comme le premier travail de synthèse en la matière. Il présente un bilan assez complet du protectorat espagnol en accordant un intérêt particulier à l'analyse du rôle de la géographie dans l'action coloniale de l'Espagne. Il faut citer également les nombreux travaux originaux de Eloy Martín Corrales, notamment ceux qui traitent du thème du protectorat à partir d'un corpus graphique constitué d'images, de gravures et de dessins, de la photographie et du cinéma (6). Nous avons là une démarche et une approche originales que l'historiographie marocaine a toujours eu tendance à négliger. Et tout récemment deux autres études viennent d'enrichir la bibliographie que nous venons de citer (7).

Aux origines de la présence espagnole dans le nord
L'Espagne fut une grande puissance coloniale au début de l'ère moderne (XVe/XVIe), à côté des Portugais et la pionnière des grandes explorations géographiques et des conquêtes coloniales. Cela lui a permis de dominer une grande partie du Nouveau Monde et de former ainsi un grand empire colonial. Le Maroc, son voisin sud, n'échappera pas à cette poussée ibérique. Le XVe et le début du XVIe sont une époque charnière pour la méditerranée occidentale.

L'Espagne va poursuivre l'¦uvre de fermeture de la façade marocaine entamée par le Portugal en occupant Ceuta en 1415. En 1497 soit cinq ans après la chute de Grenade le dernier bastion de l'Islam en Andalousie et la découverte de l'Amérique. Ainsi, l'Espagne prend pied au Maroc. La prise de Melilla, par une flottille commanditée par le Duc de Médina Sydonia, au nom des Rois Catholiques, constitue la première conquête nord-africaine. Jusqu'à 1492, par suite de la présence des Musulmans dans la Péninsule, on peut dire que l'histoire du Maroc et de l'Espagne se confondaient. 1492 marque la grande rupture. Toutefois des liens subsistent. L'Espagne continue de s'occuper des affaires africaines mais demeure un peu en marge du pays (8).

Après Melilla, les Espagnols occupent Ceuta (Sebta) en 1516 et quelques petits îlots : il s'agît de l'île de Badès (Peñón Vélez de la Gomera) occupée pour la première fois en 1508 et 1522, et puis d'une façon permanente depuis 1564 le Peñón de Alhucemas (l'île de Nekour) a été occupée en 1673. Puis les îles de Chafarinas en face de Cap de l'Eau, pas loin de la frontière algérienne, occupées en 1848.
La guerre hispano-marocaine de 1859-1860 fait entrer activement l'Espagne dans l'histoire du Maghreb. C'est cette guerre dont le traité de Tétouan en fut la conclusion, qui déclenchera le mouvement africaniste (9). En 1883, la Société de Géographie de Madrid organisa le congrès de la géographie coloniale et commerciale. De ce congrès naquit la Société des Africanistes et Colonialistes. Le meeting du théâtre d'Alhambra à Madrid eut pour conséquence une série de pétitions adressées aux Cortes (parlement espagnol) en 1844-1885 par trente-quatre associations et organismes de Madrid, Valence, Valladolid, Séville, Huelva, Cadix, etc. Ensuite, par la "Sociedad económica de las Palmas", la municipalité de Ceuta, "El Eco de Ceuta". Ces pétitions étaient inspirées par la Société des Africanistes.

Les Africanistes réclamaient le maintien de l'indépendance du Maroc, le développement des relations diplomatiques et la participation de l'Espagne au "progrès social et économique" du Maroc. La position des Africanistes était confuse en ce qui concerne l'occupation militaire du Maroc. Au début ils défendaient l'indépendance de celui-ci, mais en raison de la grande concurrence entre les grandes puissances coloniales pour occuper le Maroc, les Africanistes exigeaient du gouvernement de mener une politique plus ferme et plus ambitieuse. Joaquin Costa, grand Africaniste, résume les préoccupations des Africanistes et leurs souhaits de voir l'Espagne occuper le Rif : "Le Maroc est le prolongement de l'Espagne. Une partie des Rifains souhaitent l'annexion de leur pays par l'Espagne. En plusieurs occasions, ils ont fait des démarches dans ce sens, en particulier ceux des environs de Melilla. Malheureusement, le gouvernement espagnol n'a aucune politique au Maroc, et le commerce espagnol avec ce pays est très insuffisant (4 % du commerce total du Maroc)" (10)

Après avoir perdu une grande partie de ses colonies en Amérique latine, "l'avenir de l'Espagne est au Maroc, puisqu'elle était dépossédée de l'Amérique" déclare Adolfo Alegret, secrétaire général du "Centro Comercial hispanomarroquí" de Madrid.. En 1883, Gonzalo de Reparaz (11), une autre grande figure du mouvement africaniste espagnol, publie un ouvrage intitulé "Marruecos, el Rif, Melilla". Il reprend le thème favori de ces Africanistes sur la similitude de l'Espagne et du Maroc qu'il appelle "España mauritana". Sa description de la population marocaine a pour but de prouver qu'un même peuple vit sur les deux rives du détroit. Parallèlement, toute une action de propagande était menée pour intéresser l'opinion publique espagnole aux affaires nord-africaines et de répandre l'idéologie coloniale. (12)

Pour les ouvriers et les paysans espagnols, le Maroc représentait la terre promise : " C'est au Maroc que se trouve notre futur, et c'est là que nous avons le développement de notre population qui est aujourd'hui désespérée par les émigrations suicides en AmériqueŠ" (13).

Vers l'établissement du Protectorat
A la fin du XIXe, le Maroc était l'objet d'une rude concurrence entre puissances coloniales. L'Espagne surveille de près l'évolution de la situation politique chez son voisin du sud. Elle considère que le voisinage, l'occupation des présides, une longue histoire commune, lui confèrent des droits particuliers sur ce pays, "une mission à accomplir" selon les termes des partisans de cette occupation. Elle estime également que son avenir serait en danger si la France ou l'Angleterre s'y installait. Elle considérait le Maroc comme le prolongement naturel de son territoire et de son apanage exclusif.

Suite à la signature en 1904 du protocole franco-britannique concernant le Maroc, les Espagnols commencent à s'inquiéter des conséquences de cet acte diplomatique sur l'avenir de leurs intérêts au Maroc. Le comte de Romanonès, ancien ministre libéral, adressa au président de la Société de géographie de Madrid (14) une lettre où il exprimait le v¦u que ce corps savant rédigeât un mémoire sur la question, mémoire qui éclairerait l'opinion publique et lui servirait de guide.

La Société de géographie commence par rappeler qu'elle fut appelée déjà, dans une circonstance précédente, à formuler son opinion sur l'attitude qu'il convenait à l'Espagne d'adopter à l'égard du problème marocain et que celle-ci se trouve exposée dans les mémoires adressés aux Cortés en juin 1884. Ces mémoires affirmaient qu'il était impérieux pour les pouvoirs publics de "défendre l'intégrité et l'entière souveraineté de l'empire marocain" et définissaient un programme étendu de mesures à prendre pour resserrer les liens unissant l'Espagne au Maroc. Depuis cette date l'opinion de la Société de géographie n'a guère varié. Mais à cette époque là, la solution du problème marocain n'était pas imminente.

Depuis la signature de traité franco-britannique de 1904 par lequel le gouvernement anglais reconnaissait qu'il appartenait à la France de "veiller à la tranquillité dans ce pays et de lui prêter assistance pour toutes les réformes administratives, économiques, financières et militaires dont il a besoin." La Société de géographie a déclaré que si l'action de la France devenait prépondérante dans l'empire chérifien, il en résulterait, pour l'Espagne, une situation désavantageuse, tant au point de vue politique que commercial. Elle ajoute que si en raison des circonstances, l'Espagne n'est pas en mesure d'exiger pour elle-même la première place au Maroc, elle peut prétendre, cependant, à coopérer avec la France, sur un pied d'égalité, à la " mission civilisatrice à accomplir sur les territoires du sultan." Elle demande aussi la cession à l'Espagne d'un port sur l'Atlantique, port qui lui avait été accordé par le traité conclu par elle avec le Maroc en 1860.

Dans la seconde partie de ce mémoire, la Société de géographie trace au gouvernement une ligne de conduite à suivre pour étendre son influence au Maroc et faciliter la participation de l'Espagne au développement économique de ce pays. Elle demande des subventions de l'Etat en faveur des entreprises espagnoles qui se constitueront au Maroc. Une grande partie de la presse espagnole avait un regard critique sur cette politique espagnole.
Prenons l'exemple du Heraldo de Madrid daté du 26 mai 1914 qui écrit "les Français et les Anglais ne contestent pas que l'influence de la Castille ait remplacé au Maroc, à la fin du seizième siècle, celle du Portugal et que, depuis cette époque, elle se soit maintenue prépondérante moralement. Mais l'Espagne s'est montrée très négligente, qu'elle a accompli une ¦uvre belliqueuse et monacale, et non pas une ¦uvre économique et commerciale, la seule qui vaille au vingtième siècle. Pendant que nous faisions des prières ou que nous nous battions, l'Angleterre et la France, nations plus pratiques, entreprenaient la conquête économique et commerciale du Maghreb et profitaient de la campagne de O'Donnell et de Prim (1859-1860) pour tirer les marrons du feu." Le journal madrilène, reprenant les statistiques du commerce extérieur du Maroc, montre que l'Espagne y tient une petite place par rapport à la France et à l'Angleterre. "C'est pour cela, disent ces puissances que la prépondérance de l'Espagne au Maroc est du domaine historique et non du domaine réel présent. Nos arguments, l'invocation des droits et des destinées de la patrie d'Isabelle la Catholique, doivent avoir peu de poids à Paris." (15)

La conclusion du rapport de la Société de Géographie se résumait ainsi : d'une part l'Espagne n'a pas su développer son commerce au Maroc malgré sa situation privilégiée de voisin immédiat, son immigration, l'usage de sa langue et de sa monnaie. D'autre part ses possessions, pourtant bien placées pour lui assurer une grande influence matérielle et morale et faciliter sa pénétration économique, ne constituent pour elle qu'une charge improductive.

A la fin du XIXe l'Espagne souffrait de graves problèmes économiques et sociaux écartant toute possibilité d'expansion extérieure notamment après la grande défaite coloniale de 1898, suite à laquelle l'Espagne a perdu ses dernières colonies en Amérique latine et aux Philippines. L'économie était frappée par l'arrêt soudain des commandes pour la guerre, et un prolétariat déjà puissant donnait naissance à une sérieuse agitation sociale et politique. Face à tant de périls, le régime menacé, ne voyait de recours que dans l'armée. Mais cette armée était en crise " battue et humiliée, elle avait dû se regrouper en Péninsule où elle rongeait son frein, n'ayant guère de raison d'être. Officiers sans soldats, cadres en demi-solde, loin d'aider le régime, risquaient, bien au contraire, de se retourner contre lui. D'où la nécessité impérative de leur ouvrir un nouveau champ d'action, avec la perspective d'une revanche, de récompenses, d'avancement. Or, le Maroc tout proche, était alors visiblement voué à la conquête, et en Espagne, où sommeillaient toujours des souvenirs de guerre aux infidèles, il remuait des sentiments patriotiques et religieux. "16

Il y avait déjà une forte rivalité entre France, Angleterre et Allemagne. L'Espagne ne pouvait se mesurer à ces puissances. Elle était cependant soutenue par l'Angleterre qui ne voulait pas de la France face à Gibraltar. En même temps l'Espagne n'entend pas rester à l'écart ; la géographie, l'histoire et la politique font qu'elle ne peut rester étrangère à ces questions.

A l'origine c'est le gouvernement français qui a signé le traité de protectorat du 30 mars 1912 avec le Sultan marocain Moulay Hafid. Dans le premier article de ce traité les Français s'engageaient à "se concerter avec le gouvernement espagnol au sujet des intérêts que ce gouvernement tient de sa position géographique et de ses possessions territoriales sur la côte marocaine". La France se réservant la part du lion en occupant les régions les plus riches du Maroc, la superficie de sa zone était vingt deux fois plus grande que celle cédée à l'Espagne. Elle disposait de grands moyens financiers pour la mise en valeur du pays. Laissant à l'Espagne une petite et pauvre région montagneuse (20.000 kilomètres carrés.) Ce petit territoire presque tout recouvert par le massif rifain, était, pour les deux tiers, un terrain montagneux et inculte (17).

Au niveau économique il n'y avait rien qui pourrait intéresser le capital espagnol, exception faite des mines de la région de Melilla et les plaines du Loukos sur la côte atlantique. Les 20.000 km2 du Rif et de Jbala, ³ces deux os usés qui nous ont été cédés à grand-peine par la France impérialiste, et dont la pacification a coûté à l'Espagne 0,97 morts, 1,36 blessés et 170.000 pesetas par kilomètre carré" (18), n'ont pas fait de l'Espagne une grande puissance coloniale.
En outre, l'Espagne n'avait pas les moyens financiers indispensables pour la mise en valeur de sa zone. Surtout qu'elle traversait une période trouble de son histoire, marquée par le chômage, l'agitation sociale et politique. Enrique Arques (19) résume bien cette situation. " Si l'on considère l'¦uvre intérieure de l'Espagne si désorganisée et troublée, on comprend l'abandon absolu dans lequel ces questions graves sont restées. Comment s'occuper du Maroc, lorsque dans notre propre pays l'on ne trouve pas de remède à tous les maux qui aboutissent maintenant honteusement à la cherté de la vie, à la pénurie de transports, aux ruines et aux discordes des oligarchies de la décadence ?". Il en résulte que la présence espagnole au Maroc a été marquée par la médiocre situation économique et politique interne. En même temps la France exigeait d'elle de se cantonner dans une étroite zone montagneuse, et condamnée en quelque sorte à une présence anonyme. De fait c'est la France qui est la puissance protectrice du Maroc en signant le traité du protectorat avec le sultan du Maroc.


Notes
2 Il s'agit des deux ouvrages de Germain Ayache, les origines de la guerre du Rif, Paris-Rabat, Publications de la Sorbonne-SMER. Et la guerre du Rif, l'Harmattan, 1996. Je cite ici en priorité les travaux de G. Ayache du fait que ce dernier était un précurseur dans ce domaine, et ses travaux ont bien marqué le champ de la recherche sur la présence espagnole dans le Rif. Cependant il ne faut pas oublier d'autres chercheurs marocains qui continuent d'enrichir ce domaine, nous citons principalement : Ben Azzouz Hakim, Abdelmajid Benjalloun (le spécialiste du mouvement nationaliste dans le nord du Maroc), Tamsamani Khallouk, AZIZA Mimoun (histoire socioéconmique du Rif sous Protectorat), Mohamed Kharchich²etc.
3 Maria Rosa de Madariaga a été à côté de Bernabé lópez García et Victor Morales Lezcano parmi les premiers historiens espagnols à se consacrer à l'étude de l'histoire du protectorat espagnol au Maroc. Déjà en janvier 1973, M. Rosa de Madariaga participa au congrès international ayant lieu à Paris à l'occasion du cinquantième anniversaire de la République du Rif dont les actes ont été publiés chez L'Harmattan en 1976. Elle est également l'auteur de plusieurs articles relatifs aux thèmes marocains et à la présence espagnole dans le Rif, ces travaux de recherches commencés à la fin des années soixante et au début des années soixante dix ont abouti à la soutenance d'une thèse de doctorat en histoire à l'Université de Panthéon la Sorbonne en 1987 sous le titre, l'Espagne et le Rif : Pénétration coloniale et résistances locales. Ce travail a fait l'objet d'une publication sous de titre de : España y el Rif , Crónica de una historia casi olvidada, Ed. Ciudad Autónoma de Melilla, 2000 (segunda edición). Il est également l'auteur d'un remarquable ouvrage portant sur la participation des troupes marocaines dans la guerre civile espagnole, il s'agit de : los moros que trajo Franco, la intervención de tropas coloniales en la guerra civil, Ediciones Martínez Roca, Madrid, 2002. Quant Victor Morales Lezcano, nous citons. El colonialismo hispano-francés en Marruecos: 1898-1927, Siglo veintiuno ediciones, Madrid, 1976; España y el norte de África, El Protectorado en Marruecos: 1912-1956. Edición UNED, Madrid, 1984; el final del Protectorado hispano-francés en Marruecos, el desafío del nacionalismo magrebí ( 1945-1962), publicaciones del Instituto Egipcio de Estudios Islámicos en Madrid, 1998.
4 Salas Larrazabal, Ramón, el protectorado de España en Marruecos, Madrid, Mapfre, 1992.
5 Joan Nogué y José Luis Villanova (eds), España en Marruecos (1912-1956), discursos geográficos e intervención territorial, Editorial Milenio, Lleida, 1999.
6 Je me réfère particulièrement à son travail intitulé: " Imágenes del protectorado de Marruecos en la pintura, el grabado, el dibujo, la fotografía y el cine ", in España en Marruecos, op. Cit. Pp. 375-399. Il vient de publier récemment deux ouvrages, le premier intitulé la imagen del magrebí en España. Una perspectiva histórica, siglos XVI-XX. Edicions Bellaterra., Barcelone, 2002. Et le deuxième intitulé, Marruecos y el colonialismo español (1859-1912), de la guerra de África a la penetración pacífica. Chez le même éditeur. Cela reflète un certain dynamisme des universitaires espagnols dans ce domaine et une telle importance que commencent à prendre les thèmes relatifs au protectorat espagnol au Maroc. Cela va sans oublier les remarquables travaux de Antonio Bravo Nieto qui portent essentiellement sur l'urbanisme dans le Nord du Maroc à l'époque du Protectorat, Arquitectura y urbanismo español en el norte de Marruecos. Consejería de Obras y Transportes. 2000. Vicente Moga Romero, à travers ses travaux et la collection " La Biblioteca de Melilla " qu'il dirige fournit un effort énorme dans ce sens et participent à l'enrichissement de la bibliographie espagnole sur le Maroc et particulièrement sur la période du protectorat.
7 Il s'agit de: Javier Ramiro de la Mata, origen y dinámica del colonialismo español en Marruecos, Editado por Ciudad Autónoma de Ceuta, Archivo Central, 2001. Fernando Rodriguez Mediano y Elena Felipe (Eds), el protectorado español en Marruecos : gestión de identidades, Madrid, CSIC, 2002. Il aussi notre ouvrage récemment publié : AZIZA Mimoun, la sociedad rifeña frente al protectorado español de Marruecos (1912-1956), Edicions Bellatera, Barcelona, 2003. Et celui de José Luis Villanova, el Protectorado de España en Marruecos, organización política y territorial. Edicions Bellaterra, Barcelona, 2004.
8 Zaïm F. le Maroc et son espace méditerranéen, Confluences, Rabat, 1990, pp. 89-90
9 Robert Ricard, études hispano-africaines, publications de Instituto General Franco de Estudios e Investigación Hispano-Arabe, Imprenta del Majzen, 1956, Tetuán, p. 183.
10 C'est J. Costa même qui avait écrit auparavant en s'adressant aux autorités espagnoles " respecter l'intégrité et l'indépendance du Maroc n'est pas suffisant, l'Espagne doit en plus la garantir contre toute tentative d'annexion, de protectorat ou de démembrement " Joaquin Costa M., discursos en el Teatro de la Alhambra de Madrid, 1884 cité par José María Cordero, " el pensamiento español sobre Marruecos : problemas nuevos, criterios perennes " in Cuadernos Africanos y Orientales, n°35, 1956, p.17.
11 Gazalo de Reparaz parle du Rif comme un prolongement de l'Espagne, " le Rif, cette région, limitée au Nord par la Méditerranée et à l'ouest par l'Océan, c'est un vrai prolongement de l'Espagne méridionale. Ses grandes montagnes, dit un auteur contemporain, forment le rebord du bassin méditerranéen, elles sont composées des mêmes roches, ont la même direction et elles sont aussi anciennes que les montagnes de sud de l'Espagne " in política de España en África , Imprenta Barcelonesa, 1907, p.98.
12 Entre 1872 et 1884 on voit se multiplier en Espagne les publications africanistes. Les " rudimentos " du P. Lerchundi en 1872, suivi par " el país del misterio " de José Alvarez Pérez, en 1876, puis en 1877" los viajes por Marruecos " de Francisco de A. de A. de Urrestazu. Ensuite on relève en 1878 " la descripción histórica de Marruecos " de P. Manuel Pablo Castellanos et Tirso Rodrigáñez, en 1881le récit de voyage de Benítez à travers le Sahara, en 1881 les "Estudios políticos y sociales sobre Marruecos" de Feipe Ovilo Canales, etc.
13 Corvera Manuel, Marruecos tipología comercial, Cádiz, 1907, p. 3.
14 Dans La société Royale de Géographie se sont fondues : la première Société de Géographie de Madrid, la Société espagnole d'Africanistes et Coloniaux et la Société de géographie commerciale.
15 Bulletin du Comité de l'Afrique Française, juillet 1904, pp. 215-218.
16 Ayache, Germain. Les origines de la guerre du Rif, Paris ; Rabat,1981, p. 78-79.
17 1 300 000 ha de terrain montagneux et inculte. Sur les 681 100 ha considérés comme cultivables, 351 000 seulement se prêtaient aux cultures herbacées, le reste, 330 000 ha, ne convenant qu'à des plantations (chiffres établis après la conquête par le Service agronomique de la zone et cités par Rafael de Roda Jiménez in economia marroquí . Los problemas del campo, Ceuta, 1941, pp. 9-10.
18 "Estos dos huesos raídos a duras penas consentidos por la imperialista Francia, y cuya pacificación costó a España a razón de 0,97 muertos, 1,36 heridos y 170.000 pesetas el kilómetro cuadrado " Tomás Perez V, "Marruecos, estudio geográfico-económico, Barcelona, Bosch. 1935.
19 Dans Bulletin du Comité de l'Afrique Française, janvier-mars, 1918, pp.62-63.





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