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Sebta et Mellilia, cibles des commanditaires du terrorisme


Ayant échoué dans sa tentative de délocaliser ses structures aux Iles Canaries notamment après l'arrestation, fin 2004, de Hassan Haski, le GICM était contraint de chercher un autre espace offrant les mêmes avantages que les Iles Canaries. Logique était le choix des présides occupés de Sebta et Mellilia.

Les présides occupés de Sebta et Mellilia sont-ils devenus une plaque tournante du terrorisme international? Les faits convergent vers l'affirmative. Outre la contrebande, l'immigration illégale et le trafic de drogue, les deux villes occupées offrent également un espace propice pour le prosélytisme terroriste. Les mosquées légales et clandestines sont des lieux investis par des imams aux discours intégristes (différentes sources pointent la mosquée Darkawia, sise rue Daniel, comme un lieu de recrutement de combattants islamistes pour Al Qaïda).

Des fidèles du mouvement de Yassine, ceux d'Addawa wa Tabligh et de certains courants wahhabites se disputent une certaine hégémonie sur la communauté musulmane, notamment auprès d'une jeunesse en quête d'une identité. Une cible de choix de ces prédicateurs de la haine. Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et la guerre sanglante en Irak n'ont fait que radicaliser davantage le discours des intégristes.

A la suite des attentats terroristes de Casablanca, le 16 mai 2003, et de Madrid, le 11 mars 2004, une lutte acharnée a été déclarée par les services secrets marocain et espagnol contre l'auteur de ces deux actes, le Groupe islamiste combattant marocain. Ayant échoué dans sa tentative de délocaliser ses structures aux Iles Canaries notamment après l'arrestation, fin 2004, de Hassan Haski, le GICM était contraint de chercher un autre espace offrant les mêmes avantages que les Iles Canaries. Dans ce contexte, logique était le choix des présides occupés de Sebta et Mellilia qui répondaient parfaitement aux attentes des responsables du GICM pour relancer le parcours terroriste de cette entité. Une implantation qui a suscité, début 2005, les inquiétudes des services secrets marocain et espagnol, d'où l'alerte enclenchée.

Dès lors, les arrestations ont été dans l'ordre des choses. Le 3 novembre a connu l'interpellation de deux membres du GICM, un Espagnol et un Belge, tous deux d'origine marocaine, pour leur implication dans les attentats terroristes de Casablanca. Le premier a été relâché, quant au second, propriétaire d'un café, il est incarcéré à Madrid pour appartenance à une organisation terroriste.

Trois jours après, c'est au tour de quatre activistes islamistes d'être arrêtés pour falsification de documents en vue d'introduire en Espagne des combattants intégristes. Les deux villes occupées ont connu, ces dernières années, la création de plusieurs "associations islamistes", 10 à Sebta et 6 à Mellilia. Des chiffres assez révélateurs de l'influence grandissante des intégristes dans cette zone. Une influence qui s'étend également en Espagne ayant fait l'objet d'une analyse parue dans le livre "Au nom d'Allah : Le réseau secret du terrorisme en Espagne" d'Enrique Montanchez et Pedro Canales.

Des informations lient la mise sous les verrous, hier, des onze intégristes en relation avec des cellules islamistes implantées au Maroc et en Grande-Bretagne. Deux régions où les membres du Groupe islamique combattant marocain sont bien introduits. Par ailleurs, toutes les personnes arrêtées lors de l'Opération Duna au préside occupé de Sebta ont des antécédents criminels en tant que trafiquants de drogue. Une donne qui est intrinsèquement liée à la genèse du terrorisme international.
Mohamed Jaabouk
Libération
15 Décembre 2006



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