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Mohamed Zoubir tué des gardes civils espagnols et jeté par-dessus de la clôture de Sebta


Le jeune Marocain Mohamed Zoubir, trouvé mort en 2004 à Oued Daoudiate près de la clôture de Sebta, a été bel et bien assassiné par des éléments de la garde civile espagnole avant d'être jeté par-dessus des grilles séparant Sebta du territoire marocain. C'est ce qu'affirme la chaîne de télévision espagnole "Antena 3" qui a diffusé, mercredi, des images sans équivoque prises par les caméras de surveillance. Les autorités marocaines avaient conclu à l'époque à un meurtre accompli par les gendarmes espagnols qui avaient nié leur implication lors de l'instruction de ce dossier.

Les images diffusées par "Antena 3" sont inédites. Elles mettent en relief des gardes civils espagnols (gendarmes) jetant un corps inerte, celui d'un Marocain, par-dessus la clôture séparant le préside occupé de Sebta du reste du territoire marocain.
Les images diffusées sont sans équivoque et ne manqueront pas de susciter des développements ultérieurs, notamment juridiques, et des réactions politiques.

Les images auxquelles a eu accès la chaîne privée remontent au printemps 2004 et ont été filmées par les caméras de surveillance installées le long de la clôture de séparation, quelques minutes seulement après une altercation entre des gardes civils et des présumés contrebandiers marocains.
L'enregistrement montre une patrouille de la garde civile espagnole qui s'approche du grillage, puis des éléments de ce corps de sécurité qui ouvrent le coffre du véhicule, sortent un corps humain inerte et le jettent par-dessus la clôture, avant de s'éloigner tranquillement du lieu de "l'opération".

Après la diffusion des images, la télévision espagnole a révélé la version des faits données alors au juge par les gardes civils qui ont participé à cette opération, version démentie par les caméras de surveillance, dont le "témoignage" n'a été rendu possible que deux ans et demi plus tard.
Dans leurs déclarations devant le juge, les gardes civils, interrogés à l'époque, avaient alors affirmé que le ressortissant marocain a été arrêté à Sebta puis relâché de l'autre côté de la clôture de séparation dans une opération routinière.

Ils ont assuré que l'homme en question était conscient, sain et sauf, ne souffrant ni lésions, ni blessures, à l'exception d'une légère égratignure.
L'un des gardes civils est allé même jusqu'à déclarer que l'individu (le cadavre) les a insultés une fois de l'autre côté du grillage.

La victime marocaine n'est autre que feu Mohamed Zouhair, un hammal de son état qui, de temps à autre, s'adonnait à la contrebande, à l'instar de milliers de Marocains qui sautaient la grille pour acheter des produits espagnols qu'ils font écouler à Fnideq, Tanger ou Tétouan.
Lorsque le corps du défunt avait été découvert en 2004, il a été identifié comme étant Mohamed Zoubir, d'une trentaine d'années, qui vivait dans la commune de Khmis Anjra, dans la préfecture d'Al Fahs à Tanger.

Un rapport médical, suite à une autopsie, avait conclu à un décès suite à des coups et blessures et les soupçons étaient dirigés vers les gardes civils espagnols, qui ont fait l'objet d'une enquête à Sebta. Ces derniers ont nié avoir battu le Marocain.
Un peu moins de deux années plus tard, les accusations sont précises et proviennent de l'une des nombreuses caméras mises par les autorités espagnoles afin de surveiller les frontières factices.

Espérons que ce dossier sera rouvert et que les criminels seront châtiés pour que le racisme et la violence ne passent plus.
Il faudra s'attendre à ce que les organisations espagnoles démocratiques et les associations de défense des droits de l'homme réagissent à ce crime odieux.
B.S. avec MAP
(12/29/2006)



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