Violation des droits des mineurs marocains à Sebta et Melilla
Le gouvernement espagnol accusé de complicité


L'association de défense des droits de l'Homme de l'Andalousie (APDH-A) a dénoncé hier dans un communiqué la complicité du gouvernement central espagnol avec les autorités de Sebta et Melilla dans la violation des droits des mineurs marocains se trouvant dans les deux présides occupés.

Après les rapports d'Amnisty international et de Human Rights Watch, c'est d'une association locale qu'émanent les révélations sur des comportements inhumains et des situations de non-respect de la législation en vigueur.

Le communiqué dont fait écho la presse espagnole, révèle des cas particuliers de fausses déclarations et des déformations de la réalité par les responsables espagnols tant au niveau central que local. Le 20 avril, affirme le communiqué, le délégué du gouvernement à Sebta avait démenti les affirmations rapportées par le rapport de Human Rights Watch et avait affirmé qu'aucun mineur n'était expulsé de la ville colonisée. Or, deux semaines plus tard, il a procédé à la déportation de douze mineurs.

L'association accuse les gouvernements central et régional de vouloir se débarrasser des mineurs à tout prix sans se préoccuper du respect de la loi en vigueur ou des principes élémentaires des droits de l'Homme. Le rapport révèle aussi qu'il existe une certaine animosité des autorités envers ces enfants qui souffrent d'agressions et d'abus ainsi que d'une forte discrimination à laquelle ils sont soumis du fait qu'ils soient d'origine marocaine.

"Nous ne devons pas permettre que la démagogie et des préjugés racistes des autorités compétentes -gouvernement central et autonomies- convertissent le sujet en un problème d'immigration…il s'agit d'enfants, et c'est sur cette base qu'il faut qu'ils soient traités, avec tout le système de protection auquel ils ont droit." conclut le communiqué.

Dans le cas des douze mineurs de Sebta cité par le rapport, les expulsés n'ont, à aucun moment, été entendus par le procureur, comme l'exige la loi. En plus, il n'y a pas eu de prise de contact avec les services sociaux au Maroc ou avec les familles des enfants.
Avant d'être conduits à la frontière, ils ont souffert d'incarcération ce qui va à l'encontre des normes qui interdisent de mettre des enfants en état d'arrestation dans les locaux de la police. Autre aspect de violation des droits des enfants, la non identification des enfants par un procédé de documentation qui est d'usage dans leur cas.

Tous ces comportements, particulièrement à Sebta, se produisent en l'absence du contrepoids de la justice qui est censée parer à de telles attitudes, mais qui laisse noter une certaine complicité. "Cette position de la justice met en doute tout le système de l'Etat de droit" rajoute le rapport.

Enfin, l'association a annoncé qu'elle allait entreprendre des actions judiciaires avec "l'espoir de voir le ministère public exercer son autorité pour que la législation soit respectée conformément à la Constitution et à la déclaration universelle des droits de l'Homme, ainsi qu'aux principes des droits de l'enfant qui sont violés à Sebta et Melilla."



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